L’essentiel
- La plupart des bâtiments tertiaires ont déjà une supervision capable de produire la donnée ; elle ne la produit pas parce qu’elle n’est ni historisée, ni connectée, ni interrogée.
- Six questions posées sur site classent chaque bâtiment en mode A (connectable en l’état), B (connectable en partie) ou C (remplacement nécessaire).
- Le diagnostic livre une carte de disponibilité par site et la liste des obstacles, techniques, contractuels et documentaires ; aucun résultat ne s’annonce avant.
Le gisement est déjà installé
Un bâtiment tertiaire de plus de 1 000 m² a presque toujours un système de régulation. Une centrale de traitement d’air, une chaufferie, un groupe froid, un éclairage programmé : chacun est piloté par un automate qui lit des sondes, applique des consignes et change d’état. Ces automates sont souvent fédérés par une supervision, installée pour le confort et l’exploitation, parfois pour répondre au décret BACS.
Cette supervision voit passer des centaines de points : températures, états de marche, positions de vannes, compteurs d’heures, parfois des index de comptage. Elle a été conçue pour réguler, pas pour rendre compte. Trois manques reviennent dans nos diagnostics :
- Pas d’historisation, ou une historisation courte : la valeur est affichée, puis écrasée. Quand une base existe, elle conserve quelques semaines sur un disque local.
- Pas de connexion : la supervision n’est reliée à aucun système extérieur, par choix de sécurité ou par absence de besoin à l’époque de l’installation.
- Pas d’interrogation : personne n’a jamais demandé à la supervision une série de douze mois, parce que personne n’en avait l’usage.
Le décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020 (BACS), modifié par le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023, impose une GTB de classe B au sens de la norme NF EN ISO 52120-1 pour les systèmes de chauffage et de climatisation de plus de 290 kW depuis le 1er janvier 2025, et de plus de 70 kW au 1er janvier 2030 (échéance reportée de 2027 par le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025). La classe B inclut la mesure et la journalisation des consommations. Les bâtiments mis en conformité disposent donc, en principe, d’un gisement de données. Reste à savoir s’il est accessible.
Une supervision livre des points, pas un référentiel. Le diagnostic sert à mesurer la distance entre les deux.
Six questions avant de brancher quoi que ce soit
Nous posons les mêmes six questions sur chaque bâtiment. Elles se répondent sur site, devant l’armoire, et dans les documents, pas dans un questionnaire.
| Question | Ce que nous cherchons | Ce que nous trouvons souvent |
|---|---|---|
| Quelle supervision, de quelle génération, de quelle marque ? | Un logiciel identifié, une version, un mainteneur joignable | Un logiciel installé il y a dix ans, sans contrat de maintenance actif |
| Quels points existent et lesquels sont historisés ? | La liste des points, la profondeur d’historique | Des centaines de points affichés, quelques dizaines historisés sur trois semaines |
| Le protocole est-il ouvert et à quelles conditions ? | BACnet, Modbus, OPC UA, KNX, ou un protocole propriétaire ; les licences, les droits d’accès | Un protocole ouvert derrière une licence non renouvelée, ou un accès réservé au mainteneur |
| Le zonage déclaré correspond-il au zonage réel ? | Des plans à jour, une correspondance entre zones de régulation et surfaces louées | Des plans d’origine, un plateau recloisonné trois fois, une zone qui chauffe deux preneurs |
| Quels vecteurs sont sous-comptés ? | Électricité, gaz, chaleur, froid, eau, photovoltaïque, recharge de véhicules | Un compteur général par vecteur, aucun sous-comptage par étage ni par usage |
| Qui est titulaire de chaque contrat et qui peut signer le mandat ? | Le titulaire du contrat d’énergie, du contrat de maintenance, du bail | Un titulaire différent par vecteur, un bail muet sur les comptages |
Les trois premières questions sont techniques. Les trois dernières ne le sont pas, et ce sont elles qui arrêtent les projets.
Trois modes, trois réponses
Le résultat du diagnostic classe chaque bâtiment, et souvent chaque vecteur d’un bâtiment, dans l’un des trois modes.
| Mode | Constat sur site | Réponse | Matériel |
|---|---|---|---|
| A — connectable en l’état | Points existants, protocole ouvert, historisation possible | Paramétrage de la collecte, mandat de collecte | Aucun |
| B — connectable en partie | Points partiels, protocole fermé, sous-comptage absent sur un vecteur | Passerelle de protocole, sous-comptage ciblé | Limité, ciblé |
| C — remplacement nécessaire | Régulation qui n’expose rien, matériel obsolète, mainteneur disparu | Système nativement conçu pour mesurer, réguler et remonter | Remplacement de la régulation |
Un bâtiment est rarement tout A ou tout C
Reprenons l’immeuble type : 6 500 m² (IPMS 2), cinq étages en flex office, 15 % de parties communes, 2 500 m² sous-loués, un local technique informatique par étage, un parking avec bornes de recharge, du photovoltaïque en toiture. Supposons une supervision de génération récente, en BACnet, qui pilote le chauffage, la ventilation et le froid.
- Le chauffage, la ventilation et le froid sont en mode A : les points existent, le protocole est ouvert, il suffit de paramétrer l’historisation et de sortir les séries.
- Le photovoltaïque est en mode B : l’onduleur a une interface, mais elle n’a jamais été reliée à la supervision. Sans elle, les 60 000 kWh autoproduits de l’exercice restent invisibles.
- Les locaux informatiques et les 2 500 m² sous-loués sont en mode B : un compteur général d’électricité, aucun sous-comptage. Le sous-comptage ciblé est la seule façon d’attribuer une quote-part sans hypothèse.
- Les bornes de recharge sont en mode B contractuel : la consommation est mesurée par l’opérateur de recharge, mais la mise à disposition des données dépend du contrat.
Un même immeuble se retrouve donc avec un vecteur en A et trois en B. C’est le cas général. Le mode C concerne des régulations anciennes, sans interface, dont le mainteneur a disparu ; il arrive, et il ne se décide pas depuis un bureau.
Ce que produit le diagnostic
Le diagnostic constitue la phase 0 de notre plan par paliers. Il dure six à huit semaines et combine deux passes :
- Une passe terrain sur quelques bâtiments représentatifs du parc : lecture de la supervision, inventaire des points, essais d’export, relevé des compteurs et de leur accessibilité.
- Une passe documentaire sur l’ensemble du parc : baux, contrats d’énergie et de maintenance, plans, schémas de comptage, titulaires.
Il livre quatre choses.
| Livrable | Contenu | Usage |
|---|---|---|
| Carte de disponibilité par site | Pour chaque bâtiment et chaque vecteur : ce qui est mesuré, historisé, accessible | Savoir ce qui est déclarable dès maintenant |
| Répartition A/B/C | Le nombre de bâtiments par mode, avec la réponse associée | Dimensionner les phases 1, 2 et 3 |
| Liste des obstacles | Techniques, contractuels, documentaires, avec le responsable de chaque levée | Lancer les signatures avant les travaux |
| Première restitution PoP | Les séries déjà exploitables, dans le référentiel, avec leur incertitude | Vérifier la chaîne de bout en bout sur un cas réel |
Les phases suivantes s’enchaînent : raccorder l’existant (phase 1, mode A), compléter le ciblé (phase 2, mode B), massifier et tenir (phase 3, mode C, extension, maintien du référentiel). L’ordre importe : une donnée publiée en 2028 doit avoir été mesurée du 1er janvier au 31 décembre 2027. La mise en service précède l’exercice à mesurer.
Le blocage est rarement technique
Sur les six questions, les trois dernières produisent la majorité des obstacles. Trois cas reviennent.
- Le mandat de collecte n’est pas signé. Le gestionnaire de réseau ou le fournisseur ne transmet les données de comptage qu’au titulaire du contrat ou à son mandataire. Sans mandat, pas de série.
- Le titulaire du contrat est introuvable. Le contrat d’électricité du parking est au nom d’une société qui a fusionné, ou d’un ancien preneur. Le retrouver prend plus de temps que de poser une passerelle.
- Le bail est muet sur les comptages. Rien n’oblige le sous-locataire à transmettre ses consommations, ni le bailleur à installer un sous-comptage. La donnée existe peut-être, mais personne n’a le droit de la demander.
Ces obstacles se lèvent, mais par des signatures, pas par du matériel. C’est pourquoi la liste des obstacles nomme un responsable et une date pour chacun.
Tout se planifie après avoir été vérifié. Aucune de nos convictions ne permet d’annoncer un résultat avant diagnostic, et nous ne le faisons pas.
Ce que PoP Data ESG apporte
Le diagnostic A/B/C est la porte d’entrée de PoP Data ESG. Il ne suppose rien de la supervision en place : nous installons et exploitons des systèmes de supervision agnostiques, raccordables à tout équipement, ce qui nous permet de lire ce qui existe avant de proposer quoi que ce soit. La collecte est indépendante du système d’information du client, pour des raisons de sécurité et de protection des données.
À l’issue de la phase 0, vous disposez d’une carte de disponibilité par site, d’une répartition A/B/C et d’une liste d’obstacles avec leurs responsables. Les premières séries exploitables sont restituées dans un référentiel unique, avec leur incertitude déclarée. Le plan par paliers qui en découle s’appuie sur ce qui a été vu, pas sur ce qui a été supposé.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Combien de temps dure un diagnostic A/B/C ?
Six à huit semaines pour la phase 0, avec quelques bâtiments diagnostiqués sur site et une passe documentaire sur l’ensemble du parc. Le résultat est une carte de disponibilité par site, une répartition A/B/C et une liste d’obstacles avec leurs responsables.
Faut-il remplacer la GTB existante pour produire une donnée exploitable ?
Rarement. Un bâtiment en mode A se raccorde par paramétrage, sans matériel. Un bâtiment en mode B demande une passerelle ou un sous-comptage ciblé. Le remplacement, mode C, concerne les régulations qui n’exposent rien ou dont le matériel est obsolète.
Qu’est-ce qu’un mandat de collecte ?
Une autorisation signée par le titulaire d’un contrat d’énergie qui permet à un tiers de recevoir les données de comptage auprès du gestionnaire de réseau ou du fournisseur. Sans mandat, les séries ne sont pas transmises, quelle que soit la qualité de l’installation.
Un bâtiment conforme au décret BACS produit-il automatiquement des données exploitables ?
Non. La classe B impose la mesure et la journalisation des consommations, mais ne dit rien de la profondeur d’historique, de l’ouverture du protocole ni du rattachement au zonage réel. Le diagnostic vérifie ces trois points.