Fiche réglementaire

CSRD — rapport de durabilité selon les normes ESRS

Directive (UE) 2022/2464 : rapport de durabilité annuel selon les normes ESRS, vérifié par un tiers. L’ESRS E1 exige la consommation d’énergie et les émissions par actif.

Mise à jour le 11 septembre 2026 · 8 min de lecture · Rédaction ESG Efficiency, sources officielles citées

Référence :
Directive (UE) 2022/2464 du 14 décembre 2022, règlement délégué (UE) 2023/2772 (ESRS), directive (UE) 2025/794 (« stop the clock »), ordonnance n° 2023-1142 du 6 décembre 2023
Périmètre :
Grandes entreprises et groupes de l’UE au-delà des seuils de la directive comptable, révision des seuils en cours (paquet Omnibus)
Échéance :
Vague 1 : exercice 2024 · vagues 2 et 3 reportées de deux ans (exercices 2027 et 2028) · seuils Omnibus sous réserve d’adoption définitive
Niveau de vigilance
Vigilance

L’essentiel

  • La directive CSRD impose aux grandes entreprises un rapport de durabilité annuel, intégré au rapport de gestion, établi selon les normes ESRS et soumis à une vérification par un tiers.
  • L’ESRS E1 (changement climatique) exige la consommation d’énergie par source, l’intensité énergétique, les émissions des scopes 1, 2 et 3, les cibles et le plan de transition. Pour un parc immobilier, ces chiffres se construisent actif par actif.
  • Le calendrier a été reporté de deux ans pour les vagues 2 et 3 (directive « stop the clock ») et les seuils sont en cours de relèvement (paquet Omnibus). Les entreprises concernées restent nombreuses et leurs fournisseurs sont sollicités par ricochet.

Texte de référence

La directive (UE) 2022/2464 du 14 décembre 2022 (CSRD) remplace la directive sur le reporting extra-financier (NFRD). Elle modifie la directive comptable 2013/34/UE et fixe le principe d’un rapport de durabilité selon des normes communes.

Le règlement délégué (UE) 2023/2772 du 31 juillet 2023 adopte le premier jeu de normes ESRS : deux normes transversales (ESRS 1 et ESRS 2), cinq normes environnementales (E1 à E5), quatre normes sociales (S1 à S4) et une norme de gouvernance (G1).

La directive (UE) 2025/794 du 14 avril 2025, dite « stop the clock », reporte de deux ans l’entrée en application pour les entreprises des vagues 2 et 3. La proposition de directive « Omnibus I » de la Commission du 26 février 2025 propose de relever les seuils d’assujettissement à plus de 1 000 salariés et plus de 450 M€ de chiffre d’affaires, de supprimer les normes sectorielles et de plafonner les demandes à la chaîne de valeur. Ces mesures s’appliquent sous réserve de l’adoption définitive du texte et de sa transposition . En parallèle, l’EFRAG a remis à la Commission une révision simplifiée des ESRS réduisant le nombre de points de données .

En France, l’ordonnance n° 2023-1142 du 6 décembre 2023 et le décret n° 2023-1394 du 30 décembre 2023 transposent la directive dans le code de commerce (articles L.232-6-3 et suivants).

Périmètre et seuils

VagueEntreprises visées (directive 2022)Premier exercice après « stop the clock »Seuils proposés par l’Omnibus
1Entités d’intérêt public de plus de 500 salariés, déjà soumises à la NFRDExercice 2024, rapport publié en 2025Maintien si > 1 000 salariés et > 450 M€ de CA
2Grandes entreprises dépassant deux des trois seuils : 250 salariés, 50 M€ de CA, 25 M€ de bilanExercice 2027, rapport en 2028> 1 000 salariés et > 450 M€ de CA
3PME cotées, petits établissements de crédit, captives d’assuranceExercice 2028, rapport en 2029Sortie du champ obligatoire proposée
4Entreprises de pays tiers réalisant plus de 150 M€ de CA dans l’UEExercice 2028, rapport en 2029Seuil relevé à 450 M€ proposé

Les entreprises hors champ sont concernées indirectement : les entreprises assujetties doivent reporter les impacts de leur chaîne de valeur et demandent des données à leurs fournisseurs, locataires et prestataires. La norme VSME sert de format de réponse.

Obligations concrètes

Analyser la double matérialité. L’entreprise identifie les enjeux matériels du point de vue de leur impact (matérialité d’impact) et de leur effet financier sur l’entreprise (matérialité financière). Le changement climatique est présumé matériel : si l’entreprise conclut l’inverse, elle doit l’expliquer en détail.

Reporter selon l’ESRS E1. Les exigences de publication les plus dépendantes des données bâtimentaires sont les suivantes :

ExigenceContenuDonnée bâtimentaire sous-jacente
E1-1Plan de transition compatible avec la limitation du réchauffement à 1,5 °CTrajectoire par actif, actions et calendrier
E1-4Cibles de réduction des émissionsAnnée de base, périmètre, jalons
E1-5Consommation d’énergie et mix : total en MWh, part fossile, nucléaire, renouvelable ; intensité par chiffre d’affaires netConsommation par vecteur, par site, sur le bâtiment entier
E1-6Émissions brutes scopes 1, 2 (location-based et market-based) et 3, totalConsommations par vecteur, facteurs d’émission, contrats d’électricité
E1-9Effets financiers anticipés des risques physiques et de transitionLocalisation, performance des actifs, exposition

Faire vérifier. Le rapport fait l’objet d’une assurance limitée par le commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant accrédité par le COFRAC. Le vérificateur examine le processus de production des données, leur traçabilité et la cohérence entre les périmètres.

Publier au format numérique. Le rapport est balisé au format XHTML/iXBRL selon la taxonomie numérique des ESRS et destiné au point d’accès unique européen (ESAP) .

Échéances

DateJalon
1er janvier 2024Début de l’exercice de la vague 1
14 avril 2025Directive « stop the clock » : report de deux ans des vagues 2 et 3
1er janvier 2027Début de l’exercice de la vague 2 (après report), sous réserve des seuils Omnibus
1er janvier 2028Début de l’exercice des vagues 3 et 4 (après report)
2028Publication des premiers rapports de la vague 2, sur les données mesurées du 1er janvier au 31 décembre 2027

Pour une entreprise de la vague 2, l’année de mesure est 2027. Les compteurs, sous-compteurs et remontées de données doivent être en place et fiabilisés avant le 1er janvier 2027, et l’année de base des cibles E1-4 doit elle-même reposer sur des données démontrables.

Sanctions et risques

La directive laisse aux États membres le soin de fixer les sanctions. En France, l’ordonnance de 2023 prévoit une injonction sous astreinte en cas de non-publication et des sanctions pénales en cas d’entrave à la mission du vérificateur .

Les risques opérationnels dépassent les sanctions :

  • réserve ou refus de certification du vérificateur sur les données E1, faute de traçabilité ;
  • incohérence entre le rapport CSRD, les déclarations OPERAT, le BEGES et les indicateurs SFDR transmis aux investisseurs ;
  • allégations non étayées dans le rapport ou dans la communication qui en découle, désormais visées par la directive (UE) 2024/825 sur les allégations environnementales ;
  • coût de reconstitution de données a posteriori, sans mesure à la source, généralement plus élevé que celui d’une collecte instrumentée.

Données nécessaires

DonnéeMaillePériodePreuve attendue
Consommation d’énergie par vecteurPar site, bâtiment entier, puis consolidéeExercice comptable, mensuel recommandéIndex de comptage, historiques GTB, rapprochement factures
Part renouvelable et contrats d’électricité (garanties d’origine)Par site et par contratExerciceContrats, certificats de garantie d’origine
Surface et périmètre de consolidationPar actifStableRegistre des actifs, baux
Facteurs d’émissionPar vecteur, par paysAnnée de reportingBase Empreinte ADEME, données des fournisseurs, facteurs réseau
Émissions scopes 1, 2, 3Par site puis consolidéesExerciceMéthode documentée, calculs reproductibles
Année de base et ciblesEntrepriseFixée une foisDonnées de l’année de base au même niveau de preuve

Le socle commun avec le décret tertiaire, la taxonomie et le CRREM est le même : la consommation annuelle de chaque actif, séparée par vecteur, sur le bâtiment entier, rapportée à une surface stable. Mesuré une fois, il alimente l’ESRS E1-5, l’E1-6 et les indicateurs immobiliers du SFDR.

Ce que PoP Data ESG apporte

Nous fournissons les données primaires de l’ESRS E1 pour la partie bâtimentaire : consommation par vecteur, par site, sur le bâtiment entier, qualifiée (complétude, cohérence, ruptures), historisée sans interruption et scellée par cachet et horodatage électroniques qualifiés. Les mêmes séries alimentent la déclaration OPERAT, le BEGES et les indicateurs SFDR, depuis un référentiel unique, ce qui évite les écarts entre reportings.

Chaque valeur consolidée est reliée à ses index et à ses historiques d’origine, ce qu’un vérificateur peut suivre jusqu’au compteur. Nous restituons par profil : direction RSE pour la consolidation, direction immobilière pour l’actif, auditeur pour la piste de preuve. Nous ne rédigeons pas le rapport de durabilité, ne réalisons pas l’analyse de double matérialité et ne calculons pas le scope 3 hors énergie des bâtiments.

Fiches liées

Sources officielles

Questions fréquentes

Mon entreprise est-elle encore concernée après le paquet Omnibus ?

Cela dépend du texte final. La proposition de la Commission de février 2025 limite la CSRD aux entreprises de plus de 1 000 salariés et de plus de 450 M€ de chiffre d’affaires. Tant que le texte n’est pas adopté et transposé, les seuils en vigueur restent ceux de la directive de 2022, avec un report de deux ans pour les vagues 2 et 3.

Que demande concrètement l’ESRS E1 sur les bâtiments ?

La consommation totale d’énergie en MWh, répartie par source (fossile, nucléaire, renouvelable), l’intensité énergétique rapportée au chiffre d’affaires pour les secteurs à fort impact climatique, et les émissions brutes des scopes 1, 2 et 3. Pour un parc immobilier, cela suppose la consommation par vecteur de chaque site, sur le bâtiment entier.

Une PME non cotée doit-elle produire un rapport CSRD ?

Non, sauf si elle dépasse les seuils. En revanche, ses clients et ses prêteurs soumis à la CSRD peuvent lui demander des données sur sa chaîne de valeur. La norme volontaire VSME de l’EFRAG sert de format de réponse et le paquet Omnibus propose d’en faire un plafond aux demandes.

Le rapport est-il audité ?

Oui. La directive impose une assurance limitée par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant accrédité, avec une évolution possible vers l’assurance raisonnable. Le vérificateur examine l’origine et la traçabilité des données quantitatives, en particulier énergie et émissions.

Les données OPERAT peuvent-elles servir au rapport CSRD ?

Oui, si elles sont produites à partir de mesures traçables. La consommation par vecteur déclarée sur OPERAT et celle reportée sous ESRS E1-5 doivent être cohérentes, sur le même périmètre. Un écart entre les deux est une question que posera le vérificateur.

Vous voulez savoir précisément à quelles obligations votre entreprise est soumise ?